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0 L’AMAP (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne) "Kdi des Grands Moulins" propose de faire le lien entre agriculteurs et étudiants. Elle vend des paniers de légumes de saison sur le campus de l’université Paris Diderot. Objectifs : défendre une alimentation de qualité et soutenir le monde paysan.
Tout les mercredis de 17h à 18h30 c’est le même manège : des étudiants, et des badauds franchissent les portes du Labo 13 (antenne de la M.I.E - Maison des Initiatives Etudiantes) dans le 13e arrondissement, à deux pas de l’université Paris Diderot, et en ressortent un sac ou un petit panier à la main. A l’intérieur : des courges, de la mâche, des patates fraichement sorties de terre. Bienvenue à l’AMAP "Kdi des Grands Moulins".
Qu’est-ce qu’une AMAP ? par LPAPARIS
Favoriser une alimentation de qualité
Créee en septembre 2011 par trois étudiantes, cette association propose à ses adhérents, en échange d’une cotisation de 10 euros, un panier de légumes de saison. Elle reverse ensuite la recette au producteur avec lequel elle a un partenariat exclusif. Pierre Sima président de l’AMAP "Kdi des Grands Moulins" rappelle le principe de ce type d’association: « C’est un circuit direct entre l’agriculteur et le consommateur. Il n’y a pas d’intermédiaire tel que les grandes surfaces. Le consommateur paye à l’ avance et reçoit chaque semaine un panier issu de la production d’un agriculteur auquel nous nous sommes associés. Le but est de soutenir ce paysan et pour le consommateur, de bénéficier d’aliments frais et sains. Cela sous entend une agriculture à échelle humaine, soucieuse de l’environnement ». Pesticides et engrais chimiques sont proscrits, et généralement, les AMAP privilégient les agriculteurs produisant selon des normes bio, ce qui est le cas pour le "Kdi".
C’est la première expérience de Pierre au sein d’une AMAP, lui qui est maître de conférences en mathématique à…l’université Paris Diderot. Mais cela fait quelques temps déjà qu’il songe à se lancer dans cette aventure. « Les AMAP sont toujours pleines. Je n’en trouvais pas » explique t-il. « Lorsque j’ai trouvé celle ci, je me suis impliqué ». Il consacre quatre à cinq heures par semaine au"Kdi". L’association compte 63 adhérents, dont certains en binôme sur un panier. En ce qui concerne le fonctionnement de l’association, « nous avons une secrétaire, un trésorier et un trésorier adjoint » précise le président. Quid du financement ? « La M.I.E nous prête ses locaux. Nous n’avons besoin que de balances et pour les acheter, nous nous servons des cotisations de 10 euros que nous demandons aux étudiants pour adhérer au "Kdi". Nous organisons aussi des apéros pour nous financer ».
Éduquer les étudiants à bien manger
La particularité de cette AMAP est qu’elle est située en plein cœur d’un campus universitaire et cible donc, de manière logique, le public étudiant. Alice Denis, l’une des trois fondatrices de l’association explique : « On visait un public étudiant. Nous voulions qu’ils aient la possibilité d’accéder à des aliments frais et de qualité ». À sa création, le "Kdi" peine à attirer des adhérents. Puis, la nouvelle de l’existence de l’AMAP, relayée par l’Université et le bouche à oreille, se répand comme une traînée de poudre. La demande explose. Elle finit par dépasser son cadre initial. « On s’est ouvert à des gens du quartier» indique Pierre. « Je dirais maintenant que 70% des adhérents sont des étudiants. Le reste sont des habitants du quartier ». Habitants qui eux, payent une cotisation de 20 euros. « On a même dû refuser des gens qui s’y prenaient trop tard pour s’inscrire » souligne le président de l’AMAP, preuve du succès de l’initiative.
Le "Kdi" essaye d’éduquer les étudiants à une consommation responsable et saine. « À la base, les gens pensent qu’une AMAP c’est pour les gens qui ont de l’argent. Nous, on pense qu’il faut mobiliser et sensibiliser les étudiants sur le fait que ce n’est pas forcement plus cher de se nourrir correctement, avec des aliments de qualité » lâche Alice. Pierre renchérit : « La qualité des produits en grande surface est aléatoire alors qu’au "Kdi" elle est nickel. On reçoit des variétés de légumes que l’on ne retrouve pas en grande surface ».
Au-delà de l’alimentation
La proximité entre le producteur et le consommateur est au cœur du principe d’une AMAP, qui défend une agriculture respectueuse de l’environnement et du paysan, qui du coup vend ses produits au juste prix. Pour Alice, adhérer à ce type d’association n’est pas un geste anodin. « S’engager chaque semaine avec un producteur engendre des contraintes. Tu n’as que les légumes de saison, tu dois faire l’effort de cuisiner différemment car tu reçois des légumes que tu ne manges pas habituellement. Il y a une forme d’engagement à adhérer à une AMAP», détaille la jeune étudiante, très impliquée dans la défense d’une agriculture propre. « L’alimentation bio n’est pas réservée aux personnes qui en ont les moyens, mais est destinée à celles qui ont du temps pour préparer des repas différents et veulent changer de mode de consommation ».
Le "Kdi des Grands Moulins" devrait reprendre son activité la rentré prochaine.En attendant, les étudiants et leurs voisins des Grands Moulins devront retourner au supermarché.
Par Louis Mbembe
Etudiant du dispositif La Chance aux Concours (promotion 2012)
