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Etudiants haïtiens à Paris solidaires
Publié le : 27 juillet 2010 | Classé dans Associations
Tags : étudiants / haiti / haïtiens / hasod / leogane / solidarité
0 Fondée à la rentrée 2009 par des étudiants haïtiens à Paris, l’association HASOD a monté un projet de solidarité pour les enfants de la ville de Léogâne, en Haïti, détruite à 90 % par le séisme du 12 janvier dernier. But de la mission, prévue pour cet été : fournir à 200 enfants des kits de fournitures scolaires. Rencontre avec Fred et Nirlaine, membres de l’association.
La situation en Haïti en juillet 2010
12 janvier 2010. Un séisme dévaste Port-au-Prince et les villes de Carrefour, Léogâne et Gressier, situées à l’ouest de la capitale haïtienne.
Six mois après, la situation en Haïti n’a pas beaucoup évolué. L’État, mais aussi et surtout la population, prennent en charge le déblaiement, et les ONG la vie quotidienne des habitants sinistrés (distribution de nourriture et de tentes, encadrement psychologique, appareillage des amputés…). Pierre Duquesne, ambassadeur chargé des questions économiques de reconstruction et de développement au Ministère des Affaires étrangères, chargé de coordonner l’aide française pour Haïti, a indiqué le 10 juillet que « le volume des débris de gravats à déblayer est de 10 à 15 fois celui des gravats du World Trade Center. » (source : France Diplo TV). Pas de reconstructions prévues donc dans l’immédiat mais un énorme travail de démolition et de déblayage. Par la suite, la reconstruction devra prendre en compte la décentralisation. En effet, les pouvoirs et les richesses étant concentrés dans la capitale, l’Etat s’est retrouvé abattu à la suite du séisme.
Un projet associatif monté par des étudiants haïtiens à Paris
La diaspora haïtienne s’engage de toutes parts pour venir en aide aux sinistrés. C’est le cas de l’association HASOD (Haïti Avenir pour la Solidarité et le Développement), créée en octobre 2009 par Fred Fameux, étudiant en Master, double cursus Métiers des Etudes, du Conseil et de l'Intervention (MECI) à l’Université Paris 7 et Management des projets publics/privés (MPPP) à l’Université Paris 8. Les objectifs de l’association étaient alors de la création de permettre aux Haïtiens étudiant à Paris de « se rencontrer et d’apporter [leur] soutien aux étudiants haïtiens qui sont en Haïti ». Elle compte aujourd’hui une trentaine de membres sur la région parisienne, étudiants de Paris 1, Paris 7, Paris 8, Paris 13, Nanterre et Créteil, ainsi que plusieurs étudiants haïtiens vivant à Moscou, Saint-Domingue et Cuba.
Les proches de Fred et Nirlaine Saint-Germain, étudiante d’origine haïtienne inscrite en Licence d’AES (Administration Economique et Sociale) à Paris 1, n’ont heureusement pas été victimes du séisme. « Je viens du département du Centre, qui n’a pas été touché, explique Fred. Après le séisme on était tous très inquiets, je n’ai pas eu de nouvelle de ma famille pendant 7 jours, je n’arrivais pas à les joindre. » Nirlaine, dont la famille vit près de Port-au-Prince, a vécu la même attente angoissante.
Lors d’une conférence à l’Université Paris 7 sur le séisme en Haïti, à laquelle participe Fred, l’envie de monter un projet d’aide aux Haïtiens se concrétise. « On a réuni l’association pour voir ce qu’on pourrait faire. Avant le séisme il y avait un gros problème d’éducation, on s’est donc centrés sur les enfants, pour leur permettre d’avoir le matériel scolaire nécessaire pour aller à l’école à la rentrée. » Les membres d’HASOD choisissent de concentrer leur action sur la ville de Léogâne, épicentre du séisme, située à une vingtaine de kilomètres de Port-au-Prince et détruite à 90 %.
Aider les enfants de Léogâne
Quatre membres de l’association, parmi lesquels Fred, partent en Haïti du 26 juillet au 7 août afin de réaliser leur projet. Ils seront logés par des proches à Port-au-Prince. Leur mission débutera par l’achat de fournitures scolaires auprès du fournisseur qui leur aura proposé le meilleur prix (les devis ont été demandés avant le départ). L’achat a été rendu possible grâce au soutien financier du FSDIE des universités Paris 1, Paris 7 et Paris 8, ainsi que du dispositif Culture-ActionS des CROUS de Paris et Créteil.
Ils se rendront ensuite à Léogâne où, aidés par une association locale, PAUDI (Plan d’Action Universitaire pour le Développement Intégré), ils iront à la rencontre des familles et recenseront celles qui bénéficieront de leur aide. « Notre but est de donner un kit de fournitures à 200 enfants et de limiter la distribution à un par famille, pour permettre à tout le monde d’en profiter. » Dans chaque sac à dos distribué, tout le matériel nécessaire à un enfant : 5 cahiers, 1 calculatrice, des stylos et crayons, une règle, un compas, etc. « La distribution se fera sur une journée, on va réunir les gens dans un endroit. » En septembre, les enfants de Léogâne feront leur rentrée dans les écoles qui n’ont pas été détruites ainsi que les écoles sous tente.
Etudier en France : un rêve pour de nombreux Haïtiens
Arrivé en France en 2003, Fred a bénéficié du soutien de l’Ambassade de France et d’une bourse gérée par le Crous de Paris. Nombreux sont les jeunes Haïtiens à rêver d’un visa pour la France. « Dans les universités d’Etat en Haïti, il n’y a pas beaucoup de places pour accueillir les étudiants. » La situation n’est pas près de s’arranger, alors que la majorité des universités ont été détruites (voir article du Monde du 01/06/2010).
La France a assoupli les procédures d’inscription dans ses universités pour les Haïtiens et s’est engagée à accueillir 700 étudiants haïtiens supplémentaires, que ce soit en métropole ou en Martinique, Guadeloupe et Guyane. « Si on a quelqu’un qui peut nous recevoir en France, ça suffit pour avoir le visa », résume Fred. Ces étudiants viendront grossir les rangs de la diaspora haïtienne qui, par ses transferts d’argent, permet à de nombreuses familles d’Haïti de survivre. Certains s’inquiètent de cette importante fuite des cerveaux. Il nous reste à espérer qu’ils reviendront après leurs études pour aider leur pays.
Nous retrouverons les membres de l’association HASOD à la rentrée pour un bilan de l’action effectuée.
UNE INITIATIVE DE...
