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F@ce World : et si Facebook existait grandeur nature ?

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Info du 12 mai 2011: 

TPS STAR va diffuser F@ce World les 6 prochains mois ! Première diffusion SAMEDI 14 MAI à 15h40.

 

La Défense, sur le parvis, pas très loin de la Grande Arche. « Les photos », « l’évènement » et « la demande d’ami » discutent. Bientôt, l’annonce est faite que le parvis passe sur une nouvelle version et qu’un groupe de résistants milite pour le retour à la version précédente.
Ca vous rappelle quelque chose ? Bienvenue dans F@ce World, la version « grandeur nature » de Facebook.

Rencontre avec Gaby Ohayon, le réalisateur, en master cinéma à Paris I.

 

  • Avant de nous parler du film, peux-tu nous expliquer ton parcours ?

Gaby OhayonAprès le bac, je voulais faire médecine ou une prépa maths sup. Et puis je suis tombé sur un tournage, dans ma ville, et quasiment une semaine avant les inscriptions à la fac, je me suis dit « merde, je crois que je vais faire du cinéma ». Je me suis retrouvé à la Sorbonne, à Paris I et j’ai cumulé pendant 2 ans avec un stage dans une boite de post-production qui fait beaucoup de pubs.
Ca m’a permis de voir l’opposé de ce qu’on m’enseignait : de la pub, des effets, des gros budget. J’ai encaissé beaucoup d’images et ça m’a beaucoup inspiré, surtout pour F@ce World. Le film regroupe mon savoir, celui de la fac et celui acquis en post-production.
J’ai aussi été assistant scripte sur un long métrage qui s’appelle Tellement proches. Comme assistant scripte, on est proche des acteurs, du réalisateur, du chef op. Ca m’a aussi énormément aidé.
Autrement, je fais beaucoup de voyages. Comme je vis encore chez mes parents, par choix, dès que je gagne un peu d’argent je pars. C’est tellement rentable en terme de vie, on rencontre des gens, quand on revient on a tout de suite une idée de scénario. Le voyage, c’est mon secret en fait.
D’ailleurs, en ce moment je vis en Corse pour mon prochain film…

 

  • On en parlera à la fin ! Tu peux déjà me raconter l’histoire du film ?

Le film s’appelle F@ce World et reprend, dans la réalité, tous les outils les plus connus de Facebook. Parce qu’il y a des termes sur Facebook qui sont propres au réel. Par exemple, dans le film, on a modélisé un grand mur de 7 mètres sur 2, un vrai mur où on pouvait coller des photos, écrire. C’était un peu montrer l’absurdité d’utiliser le mot « mur » sur Facebook et de montrer en vrai ce que ça donnait.
Qu’est-ce qu’on fait sur Facebook ? Virtuellement on se rencontre, on retrouve des amis, on va draguer des filles, on va changer son statut. Dans le film, on reprend tout ça.
Le film ne raconte pas la réalité, il raconte la réalité de Facebook, où tout semble plus simple que dans la vraie vie. Jusqu’au moment où, à la fin du film, on passe d’un monde où il y a de la musique, où tout est pop, rapide, en couleur à un monde en noir et blanc [ndlr : dans un cyber-café], où tout est triste, où les gens sont côte à côte mais ne communiquent même pas entre eux. Ils sont tous là, tous les gens du film, tous les figurants, devant leurs ordinateurs, tous connectés à Facebook.

 

  • D’où vient l’idée de parler de ça ?

F@ce World, l'afficheUn copain de mon frère un jour m’a dit, il y a 3 ans déjà : « Tu sais quoi ? Ça serait marrant de faire un film d’un mec qui vivrait dans Facebook. Il pourrait rencontrer une fille, ils se mettraient “in a relationship” etc ». C’était pas con mais je faisais un autre projet en même temps et j’ai complètement oublié. Un jour je me suis dit : « Je pense que Facebook commence à avoir un impact sur la société » donc je l’ai rappelé et je lui ai demandé de reprendre l’idée, il était ok. J’ai repris son titre, F@ce World, et de là, j’ai fait un film sur la base d’un schéma hollywoodien : de la musique, une histoire d’amour, une course poursuite. Il fallait que le film fasse cliché.
Voilà pour l’idée. Du coup, ça a pris du temps, il a fallu chercher des financements. Des FSDIE  (Paris I et Paris 7), le CROUS avec Culture-ActionS et une association pour laquelle j’ai bossé qui a bouclé le financement. On a été vraiment ric-rac, j’ai mis de ma poche à la fin. Et on a surtout eu de la chance d’avoir une post-prod entièrement gratos qui aurait coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros.

 

  • Tu peux nous parler de l’équipe du film ?

C’est une grosse équipe. Sur les courts-métrages que je faisais avant, on était deux dans l’équipe : Guylain Canet et moi. Guylain faisait la lumière et l’acteur et moi le réalisateur, le monteur et le cadreur. Un jour, je lui ai dit : « Tu verras, le prochain qu’on fait, on sera plus de 50 ». Un an et demi plus tard, on était 80 au générique. Sur F@ce World, Guylain joue le calendrier, l’event et est aussi régisseur.
En ce qui concerne les costumes, j'ai appelé deux filles qui avaient gagné le concours de déguisement du lycée pour mardi gras. Ca faisait donc quatre ans qu'on ne c'était pas vu ! Pour les figurants, ils ont tous été recruté via un facebook, d'où la cohérence du rassemblement réel/virtuel

 

  • Y-a-t’il un lien avec The Social Network ?

Le film est sorti un an avant The Social Network. A sa sortie, on a eu un flot de vues de F@ce World, et les gens se sont mis à me poser la question qu’on ne me posait pas avant : « Mais qu’est-ce que tu as voulu raconter dans le film ? Qu’est-ce qu’il faut en penser à la fin ? ». C’est une fin un peu ouverte,  d’un côté le film te dit : « On est tous connectés, c’est la Matrice et la vraie vie, c’est mieux qu’Internet » mais de l’autre côté le film te dit que la vie d’Internet n’est peut-être pas mieux mais plus libre. Sur Facebook, on a le droit de se regrouper, de manifester… En vrai, écrire sur les murs, c’est interdit. Dans certains pays, manifester c’est presque pas possible. Internet, pour le regroupement ou la diffusion de certaines idées. C’est, ou ça deviendra, plus libre que la société actuelle. Le film montre ça.

 

  • Pourquoi avoir participé au Festival ?

J’ai déjà participé au Festival ICI&DEMAIN en 2009, avec un court qui a été mis en catégorie arts plastiques, Dégoût et des couleurs. C’est un film expérimental en Super8, où il y a une interactivité entre ce qui se passe à l’image et la pellicule. Par exemple, à un moment le comédien jongle avec des citrons et il presse un citron devant la caméra. Ensuite, j’ai coupé la bobine, je l’ai trempée dans du citron pour de vrai et donc, dès qu’il presse, l’image devient toute jaune et ondulée.
Ca m’a amené le fait d’être exposé à l’Espace Cardin où le film a été diffusé en boucle, il dure 5 minutes, soit 1200 projections ! J’exposais avec Benjamin Hélion, sur les expressions idiomatiques, et avec Marina Ledrein, qui exposait des grands panneaux lumineux, des sortes de pellicules à échelle humaine. Grâce à cette rencontre, Marina a fait tous les décors de F@ce World.

Son prochain projet, qui sera tourné en mai, il le décrit comme « l’opposé total de F@ce World ». C’est un film documentaire sur les derniers membres de la communauté juive de  Corse qui s’appellera « La Dixième Goutte ». Dans les communautés juives, pour pouvoir pratiquer les rites religieux, il faut 10 hommes or ils ne sont plus que 8 sur l’île de Beauté.
Le projet d’après ? Il sera en 3D relief… et sur l’histoire du cinéma.

Affiche ICI&DEAMIN 2011

L’Anecdote de tournage :
 « Il y a un groupe Facebook qui ressurgit régulièrement : c’est le groupe contre la nouvelle version du site.» Une fois cette constatation faite, Gaby décide d’inclure une scène de manifestation au film. Lors du tournage, un journaliste du très sérieux site TechCrunch prend des clichés et les publie, sans vérification de l’information, sous le titre « Des Français manifestent à La Défense contre la nouvelle version de Facebook », info reprise ensuite sur plein d’autres blogs… !
Projections pendant le Festival :
- Vendredi 18 mars, péniche Cinéma + concert de Salsos Positivos
- Samedi 19 mars, Le Lucernaire
- Dimanche 20 mars, La Gaité Lyrique

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