créer un compte
se connecter


MAGAZINE // Archives

  • pic-new-photo_Tashidelek_Ama1.jpg
  • pic-new-photo_Tashidelek_Ama2.jpg
  • pic-new-photo_Tashidelek_Ama3.jpg

Rencontre avec les Tibétains en exil

| Classé dans archives

Tags : tibet

  • Lu 6403 fois
  • bulle   0
  •  
    5

Avec son documentaire "Derrière l’Himalaya", réalisé en 2006, Arnaud Hémery, étudiant en Master 1 Cinéma à l’Université Paris 7, souhaitait témoigner de la vie quotidienne des exilés tibétains au Népal. Durant l’été 2008, il retourne dans les camps tibétains pour cette fois filmer une fiction, "Tashidelek Ama". Deux voyages, deux films, rendant hommage à une population qui vit dans l’exil, à une culture éloignée de ses racines.


Voyage vers les camps d'exilés tibétains au Népal

19 ans, premier voyage, première rencontre avec les Tibétains du Népal et premier film. Volontaire et passionné, Arnaud Hémery s’envole vers Katmandou en septembre 2006 pour deux semaines et demie de rencontres au sein des camps d’exilés tibétains. Il accompagne une bénévole d’AFAT-CG, association créée par des Tibétains exilés en France et dont le but est de parrainer des enfants tibétains au Népal. Grâce à l’intermédiaire de l’association, bien implantée dans les camps, Arnaud fait vite connaissance avec les habitants. « J’aidais la bénévole de l’association dans son travail auprès des familles, dans quatre camps à Katmandou et à Pokhara. Les Tibétains exilés au Népal sont les derniers résistants à avoir combattu. Ils faisaient partie de l’organisation de résistance Chushi Gangdruk. Ils se sont réfugiés au Népal dans les années 70. Ils n’ont pas de carte d’identité et il y a donc toujours pour eux le risque d’être expulsés vers la Chine. »

Les camps tibétains ressemblent plutôt à des quartiers : « Ce sont des pâtés de maison avec une cour au milieu, à l’intérieur des villes de Pokhara et Katmandou. C’est très décoré, très beau. On les reconnaît aux drapeaux bouddhistes qui flottent sur les maisons. Ils sont ouverts à tout le monde, on y entre par une grande porte. Dans la ville, les échanges entre Tibétains et Népalais sont très cordiaux. Les Tibétains travaillent le plus souvent dans des restaurants et magasins de souvenirs tibétains


Un documentaire pour entendre leur voix

Avant son départ pour le Népal, Arnaud décide de tourner un documentaire sur la vie quotidienne dans les camps d’exilés et la préservation de la culture tibétaine. « Avant de partir, j’avais préparé des questions, par exemple : "Est-ce que vous connaissez des contes ?" ou "Comment arrivez-vous à sauvegarder votre culture en exil ?" Sur place, les questions étaient posées aux anciens par des jeunes de mon âge, qui les traduisaient en tibétain. Les jeunes parlent anglais, pas les vieux (les anciens résistants). »

Cette manière de travailler a permis aux jeunes et aux anciens de se parler et d’aborder des sujets plus profonds. « Ce film a été un apport pour eux. Ils m’ont dit qu’ils avaient appris des choses sur eux, sur leur peuple, en écoutant les anciens parler. »

Au retour en France, les neuf heures de rushes représentaient pour le jeune homme une matière imposante et difficile à défricher. « J’ai commencé le montage plusieurs mois après, avec l’aide de Tra My Nguyen, une étudiante en cinéma qui a apporté un regard neuf sur ces images. » Résultat : "Derrière l’Himalaya", un documentaire de 15 minutes en tibétain, sous-titré en anglais et en français, qui a reçu le Prix des lycéens du festival Imag’Essonne, le Prix du reportage au Festival Régional du Film Vidéo de Boulogne-sur-mer, et a été sélectionné au festival Paris Cinéma ainsi qu’à L’Inconnu Festival (organisé par l’association Cinésept).


Nouveau voyage, nouveau film

Deux ans après, du 6 août au 2 septembre 2008, à 21 ans, Arnaud repart au Népal, accompagné cette fois de Tra My. Les deux étudiants sont hébergés par une famille tibétaine à Pokhara. « Je suis parti là-bas pour leur montrer le film. Quand je leur ai dit que le documentaire passait dans plusieurs lieux en France, ils étaient contents. Cela permet de continuer à parler d’eux. Les anciens résistants vivent ensemble dans la même maison. Ils ont vu le film tous ensemble, c’était très émouvant. »


Arnaud Hémery et Tra My Nguyen (à droite) avec les acteurs du film "Tashidelek Ama"

Pendant ce séjour au Népal, Pékin accueillait les Jeux Olympiques. « Il y avait des manifestations tous les jours devant l’ambassade de Chine à Katmandou. Un jour, on est montés dans un bus avec des Tibétains qui se rendaient devant l’ambassade. Plusieurs bus se sont rejoints. J’ai photographié la manif. En 10 minutes, tout le monde était embarqué. Les manifestants étaient emmenés en prison et relâchés le lendemain. »

L’autre raison de ce deuxième voyage était le tournage d’un nouveau film, une fiction cette fois. Pour rédiger le synopsis, Arnaud s’est inspiré de sa rencontre dans un camp, en 2006, avec une femme sans jambes, trop pauvre pour se soigner. « J’ai écrit le récit d’un voyage initiatique que fait l’enfant de cette femme pour tenter de sauver sa mère. » Le tournage s’est réalisé dans les camps, avec les habitants comme acteurs. « Je suis allé voir le chef de l’un des camps, ils ont alors réuni tous les enfants et on a pu faire un "casting". C’était la saison de la mousson, il pleuvait beaucoup. Avec Tra My, on écrivait le scénario le soir à la bougie. Le père de la famille qui nous hébergeait traduisait la scène qu’on tournerait le lendemain. Les "acteurs" étaient très investis. On les a rémunérés, parce qu’on estimait que c’était normal de les payer pour leur travail. »

Le film "Tashidelek Ama" a reçu le troisième prix national Culture-Actions 2008 du CNOUS. Plusieurs dates en 2009 ont permis au grand public de découvrir les films et les photos réalisés dans la cadre de ces voyages.
De ses deux voyages, Arnaud est revenu avec l’envie de diffuser ce qu’il y a appris et de parler de ces gens qui l’ont accueilli. Le documentaire aurait pu exister comme un souvenir de voyage ou un premier essai d’étudiant en cinéma, mais le sujet dont il traite l’entraîne vers une existence moins confidentielle : « Je le diffuse parce que c’est leur voix. »


LES FILMS :

Derrière l’Himalaya, d’Arnaud Hémery (documentaire – 23mn - 2007) :
Comment sauvegarder une culture en danger lorsqu’une population est obligée de s’exiler pour pouvoir survivre ? Un témoignage sur le destin d’un peuple oublié.

Tashidelek Ama, d’Arnaud Hémery et Tra My Nguyen (fiction – 20mn - 2008) :
La mère de Tashi, petit Tibétain exilé au Népal, est très malade. Sa grand-mère, pour le soulager de sa peine, lui raconte l'histoire de la fleur qui guérit tous les cœurs. Tashi croira fortement à cette histoire et voudra partir à la recherche de celle-ci.

Dates des prochaines projections des films d'Arnaud Hémery sur son MySpace >>


Photos en haut de page :
photos du film "Tashidelek Ama".


Écoutez Radio Campus Paris

S'abonner au flux RSS

Festival Paris Cinéma du 29 juin au 10 juillet 2012

Fiches pratiques

  • 1

    Le Pôle Emploi Etudiant du Crous de Paris vous propose de nombreuses offres d'emplois temporaires chez les particuliers et...

  • 2

    Le baby-sitting et les cours à domicile sont des jobs très fréquemment choisis par les étudiants. Retrouvez des infos sur les...

  • 3

    Vous êtes étudiant et vous cherchez un logement en Île-de-France ? Les CROUS d'Île-de-France ont créé pour vous le site...

  • 4

    Si vous n'êtes pas hostile au partage du frigo (vide) et de la salle de bains (en bazar), vous êtes bon pour la colocation......

  • concours