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Carnet de voyage "Burkina Solidarité" : Jeux d’enfants
Publié le : 20 juillet 2009 | Classé dans Voyage, sport [3]
0 Durant le mois de juillet, les membres de l’association Ebisol de l’université Paris 7 se rendent au Burkina-Faso pour y mener une action de prévention contre le paludisme, en partenariat avec une troupe de théâtre locale. Ils travaillent également à l’aménagement d’une pouponnière et font de l’animation auprès des enfants de l’association Terya So. Chaque semaine ils nous envoient un extrait de leur carnet de voyage. Troisième extrait, où les jeunes étudiants nous font partager leurs moments d’animation auprès des enfants burkinabé.
Samedi 4 juillet - Fête de l’Ecole
Leslie et Jérémy commencent la journée en allant voir la petite fille au dispensaire. (Ndlr : dans le carnet de voyage précédent , les étudiants expliquent que pendant leur visite à l’école du village, une élève a fait une crise de paludisme)
Pendant ce temps, nous préparons des gâteaux et les mettons dans des sachets pour les enfants.
Ensuite, vient l’heure de la cérémonie de remise des prix et les discours du directeur et de l’association de parents d’élèves. On nous a installés sur des chaises, à l’ombre et au premier rang, et nous sommes applaudis et remerciés pour notre présence à cette occasion.
Ensuite, nous déjeunons avec Eric, les professeurs et le chef du village. Nous partageons ensemble un riz soumbala (riz accompagné de graines de néré et de poisson séché pilé) que nous mangeons à la main. A ce déjeuner de personnes "importantes", chacun a le droit à sa boisson : coca, fanta ou bière ? A la fin du repas, des enfants viennent se jeter sur les dernières gouttes de boisson qu’il reste dans les bouteilles. Jérémy réussit dans le tumulte à interdire l’accès aux bouteilles de bière.
Nous faisons une réunion avec Eric, les professeurs et les mères d’élèves pour parler du champ, et de l’association qui va être créée pour sa gestion future.
L’après-midi, nous jouons avec les enfants. C’est difficile d’être serein au milieu des émeutes que nous créons. Dès que nous sortons l’appareil photo, les enfants se battent pour poser.
Nous organisons un jeu de tir au but où il faut shooter dans un pneu et un bowling. Nous devons gérer les files d’attente avec les bousculades. Une enfant dans la queue porte sa petite sœur de 10 mois sur son dos. Bousculée, elle est contrainte de se retirer de la queue. Pour qu’elle puisse jouer, je prends l’enfant dans mes bras.
Lorsque la fin de la journée arrive, nous sommes épuisés et regagnons les taxis suivis par tous les enfants. Certains s’accrochent aux voitures et tombent à leur démarrage. Avec anxiété, nous les voyons se relever.
Dimanche 5 juillet - Noumoudara
C’est dimanche et même s’ils partent en tournée, les acteurs ont mis leurs plus beaux vêtements. Comme il a plu la veille, tous les villageois sont au champ. En attendant leur retour, les garçons font un match de foot. Terya So + Ebisol contre les jeunes du village. Score : 2-4 pour ces derniers, 3 blessés pour nous !
Ensuite, nous installons la scène et dansons. La pièce ne commence qu’à 17h. La nuit tombe. Nous ne voyons pas les gens à qui nous posons les questions. La vente des moustiquaires se fait à la lumière des phares.
Lundi 6 juillet - Journée off : Marché
Nous traversons les étals de quincaillerie, chaussures et bric-à-brac pour aboutir au coin des objets d’art et statuettes. Les marchands nous assaillent pour nous emmener dans leurs boutiques, arguant : « Ici, on casse les prix mais on casse pas les pieds ! ». Caro et Romain marchandent dur, pendant que Pauline, Doriane et moi demandons des informations sur les statuettes, leurs origines, leur utilité dans les rites ancestraux et les matériaux avec lesquelles elles sont fabriquées. En passant dans le quartier des tisseurs, le temps est rythmé par le bruit des machines à coudre.
Mercredi 8 juillet
Aujourd’hui, le spectacle a lieu à Bouendé, village perdu au milieu des champs. Le paysage, les couleurs verdoyantes donnent une sérénité au lieu. Martin interview les acteurs pour son documentaire. Pour la dernière représentation de Romain et des Veber, nous nous donnons à fond lorsque nous dansons. Chacun propose un pas de danse que nous reprenons tous ensemble. Nous remarquons les progrès que nous avons fait ! Le village est très accueillant et calme à la fois. Dans cet environnement, les acteurs font eux aussi leur meilleure prestation ! Les spectateurs, qui ont été très attentifs ont 10/10 aux questions posées à la fin de la pièce. Ensuite, nous sommes invités à diner un délicieux riz soumbala (a base de poulet cette fois-ci) et du tô (Ndlr : pâte à base de farine de mil , de maïs ou de shorgo accompagné d’une sauce).
Le soir, nous fêtons le départ de nos amis. Baténé et Oussou nous emmènent au Moonlight, une boite de nuit bobolaise. Nous sommes les seuls clients, et le DJ prend soin de passer de la musique française… un peu démodée ! Heureusement Mickael Jackson finit par détrôner la danse des canards.
Jeudi 9 juillet
A 8h30, nous prenons tous ensemble le minibus pour aller au centre Terya So.
Doriane, Leslie, Pauline, Caro, Jérémy, Martin et moi allons participer aux animations de la journée. Mais avant, nous faisons nos aux revoirs aux frères Veber qui ont fini leur documentaire et à Romain, qui doit rentrer prématurément à Paris.
Nous nous dispersons pour aller avec les différents groupes d’enfants. Djibril s’occupe des CP et de quelques enfants plus petits. Nous expliquons aux enfants leurs droits, en Français et en Dioula. Le droit d’aller à l’école n’est pas une évidence pour eux, et celui de s’exprimer encore moins.
Après ce temps calme, la deuxième partie de la matinée est consacrée à la danse. Ibrahim exécute des pas simples que nous imitons. Les enfants m’élisent meilleure danseuse, alors que malgré mes efforts, j’étais de loin la moins douée !
Nous déjeunons avec Alex et Elsa, 2 bénévoles françaises animatrices à Terya So pendant 3 semaines.L’après-midi, le centre de loisirs accueille les ados. Ils ont déjà vu la pièce de prévention contre le paludisme dans l’année, donc nous organisons un forum . Ils sont un peu timides au début, mais très vite, les questions fusent pour mieux connaitre cette maladie. Quand on demande qui parmi l’assistance a déjà fait une crise de palu, toutes les mains se lèvent. Car ici, il est « normal » de faire une crise tous les 2-3 ans, comme il nous parait normal d’avoir la grippe. Ensuite, Caro et Jérémy organisent un épervier et un chat glacé. Malgré la pluie, le jeu continue. Les jeunes ne laissent pas le temps capricieux leur voler ce moment de détente.
A lire aussi :
L’article sur Burkina Solidarité (pour en savoir plus sur le projet ) >> [4]
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°1 : L’arrivée au Burkina-Faso >> [5]
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°2 : Premiers pas sur scène >> [6]
Photos : enfants du Burkina. Burkina Solisarité.
Liens:
[1] http://www.etudiantdeparis.fr/node/488/edit
[2] http://www.etudiantdeparis.fr/print/488
[3] http://www.etudiantdeparis.fr/magazine/Voyage%2C%20sport
[4] http://www.etudiantdeparis.fr/magazine/content/burkina-solidarite-un-voyage-humanitaire-au-burkina-faso
[5] http://www.etudiantdeparis.fr/node/401
[6] http://www.etudiantdeparis.fr/node/400
[7] http://ebisol.paris7.free.fr/
[8] http://www.etudiantdeparis.fr/magazine-articles-auteur
[9] http://www.etudiantdeparis.fr/user/0/contact
[10] http://www.etudiantdeparis.fr/voir
[11] http://www.etudiantdeparis.fr/magazine/content/carnet-voyage-%C2%AB-burkina-solidarite-%C2%BB-jeux-d%E2%80%99enfants
[12] http://www.etudiantdeparis.fr/